Après un événement traumatique, le souvenir peut continuer à provoquer des réactions émotionnelles et physiques importantes, parfois longtemps après la disparition du danger. Le fait d’éviter de penser à l’événement ou tout ce qui peut le rappeler peut alors devenir une stratégie naturelle pour tenter de se protéger. Pourtant, cet évitement peut contribuer au maintien des symptômes traumatiques.

Parmi les approches psychothérapeutiques utilisées dans le traitement du psychotraumatisme, certaines reposent ainsi sur le principe d’exposition. C’est notamment le cas de l’exposition prolongée, de l’EMDR ou encore de la thérapie d’exposition par l’écriture, également appelée Written Exposure Therapy ou WET. Le développement de la WET a débuté en 2004 avec les premières recherches de Denise Sloan et Brian Marx.

 

Pourquoi s’exposer au souvenir traumatique ?

 

Après un traumatisme, le souvenir peut rester associé à un niveau élevé de peur, d’angoisse ou de détresse, comme si l’événement était encore en train de se produire. Le fait de pouvoir revenir progressivement sur ce souvenir, dans un cadre thérapeutique sécurisant, permet de faire l’expérience que se remémorer l’événement est difficile mais qu’il est possible de le traverser sans être à nouveau en danger.

La répétition de cette exposition peut progressivement diminuer la détresse associée au souvenir. Elle permet également de développer une autre relation à l’événement et à ce qu’il représente, plutôt que de continuer à devoir l’éviter.

L’exposition ne consiste donc pas à « revivre » le traumatisme. Elle vise au contraire à pouvoir s’en souvenir dans le présent, avec davantage de sécurité et de contrôle.

 

Qu’est-ce que la thérapie d’exposition par l’écriture ?

 

 La WET est une thérapie brève et protocolisée, elle est issue des thérapies cognitives et comportementales et fait partie des recommandations internationales pour le traitement du trouble de stress post-traumatique. Elle utilise l’écriture comme moyen d’exposition au souvenir traumatique.

Accompagnée par un psychologue, la personne est invitée à écrire de manière structurée sur l’événement traumatique, en portant notamment attention à ce qu’elle a vécu, pensé et ressenti. L’objectif n’est pas de produire un récit « parfait », mais de permettre un travail progressif sur le souvenir et les réactions qu’il suscite.

La WET est généralement proposée sur cinq séances. Chaque séance comprend un temps d’écriture consacré au souvenir traumatique, suivi d’un temps d’échange avec le psychologue.

 

Comment se déroule la thérapie ?

 

La première séance permet de comprendre le fonctionnement du traumatisme, de présenter le principe de la thérapie et de préparer le travail d’exposition.

Lors des séances suivantes, l’écriture se poursuit selon des consignes précises. La personne revient sur l’événement et sur son expérience émotionnelle, pendant que le psychologue l’accompagne dans ce travail.

Au fil des séances, l’objectif est que le souvenir puisse être évoqué avec moins de détresse et qu’il prenne progressivement une place différente dans l’histoire personnelle.

 

Des précautions et des limites

 

Le travail d’exposition ne convient pas nécessairement à toutes les situations ni à tous les moments du parcours thérapeutique. Avant de proposer la WET, le psychologue évalue notamment la situation clinique, les symptômes présents, les ressources de la personne et sa capacité à s’engager dans un travail d’exposition.

Une attention particulière est portée à la stabilité actuelle de la personne. En présence d’une crise aiguë, d’une importante instabilité émotionnelle ou de difficultés qui nécessitent d’abord un autre type de prise en charge, le travail d’exposition peut être différé.

La WET ne consiste pas non plus à forcer une personne à raconter un événement qu’elle ne souhaite pas évoquer. Le rythme du travail, les réactions émotionnelles suscitées par l’exposition et l’indication thérapeutique sont régulièrement réévalués.

Enfin, toutes les conséquences d’un traumatisme ne relèvent pas nécessairement d’un travail centré sur le souvenir. Selon les besoins, un accompagnement plus long ou une autre approche thérapeutique peut être indiqué.

 

Une approche parmi d’autres

 

La thérapie d’exposition par l’écriture n’est pas la seule approche permettant de traiter un psychotraumatisme. Selon la situation, les besoins et les caractéristiques de la personne, d’autres thérapies peuvent être proposées, notamment l’exposition prolongée, la thérapie des processus cognitifs, l’EMDR ou encore certaines approches centrées sur la régulation émotionnelle.

Le choix de l’approche se fait en fonction de la situation clinique et des besoins de la personne accompagnée.

La WET peut être particulièrement intéressante lorsqu’une personne souhaite travailler directement sur son souvenir traumatique, dans un cadre structuré et sur un nombre limité de séances.

 

→ Etant formée à la thérapie d’exposition par l’écriture, je peux vous proposer cette approche si vous présentez des symptômes liés à un ou plusieurs événements traumatiques. Si vous souhaitez en savoir plus sur cette approche ou déterminer si elle peut être adaptée à votre situation, je suis à votre écoute pour vous accompagner dans cette réflexion.